L’ÉGOÏSME INTELLIGENT: lorsque penser à soi est bénéfique à tout le monde

Mis à jour : mars 23




L’ÉGOÏSME INTELLIGENT, un duo étrange ?


Aussi paradoxale que cela puisse paraître, il est parfois nécessaire de reconsidérer la notion d’égoïsme, ainsi que le poids de l’héritage culturel qui s’y rattache. Car effectivement, l’égoïsme peut être quelques-fois intelligent, à condition de bien en comprendre le sens et la finalité.


Voici la définition du Larousse pour le mot égoïste :

«Attachement excessif porté à soi-même et à ses intérêts, au mépris des intérêts des autres».


Son inverse serait l’altruisme :

« Souci désintéressé du bien d’autrui ».


Larousse nous dit qu’au XVIIe siècle le terme « égoïste » n’existait pas, et il n’est apparu dans le dictionnaire qu’en 1762.


On disait alors « amour-propre » :

« Sentiment légitime et nécessaire qui attache chaque personne à son existence et lui fait rechercher son bien-être ».


Mais alors, peut-on penser à soi sans être égoïste? Peut-on penser à soi tout en étant altruiste ? 


Ces définitions, et ces termes, ne sont t'ils pas un peu trop "fermés", trop "limités" et limitants ? Surtout au vu de la complexité comportementale de l'être humain, et des causes profondes (et souvent inconscientes) qui régissent ses actes. Certainement ! Mais nous n'avons pas une multitude d'autres termes pour définir les multiples attitudes qui nous engagent envers autrui, et nous portons peut-être également aussi un certain poids culturel, un héritage social, familial, voir religieux.


Et si on relativisait l’égoïsme ?


Bien sur que c'est possible ! Et c'est ce que je vous propose ici dés à présent ! Vous êtes prêts ?


Que les choses soient claires, nous sommes bien évidement d’accord pour dire qu’avoir un comportement égoïste n’est ni digne, ni honorable, et ne revêt pas les valeurs humaines de l’entraide, du partage, et du soutien qui font la beauté du lien social et de l'humain dans son plus haut potentiel.


Seulement voilà, lorsqu’on s’y intéresse d’un peu plus prés, être égoïste concrètement et au quotidien ça veut dire quoi ?


Pour certains ce terme ne signifie pas la même chose que pour d’autres. Il y a ce que l'on nous a dit des égoïstes, et l'image personnelle qu'on s'en fait. Et puis, il y a également les attentes que l'on a des autres, que l'on "couve" inconsciemment et qui (peut-être) nous font manquer d'objectivité. Vous ne pensez pas ?


Bref, vous l'avez compris, tout cela n'est pas si simple, et encore moins très clair. Finalement, on se rend vite compte que nous jugeons les autres par rapport à nos schémas mentaux et nos idéologies auquels on les compare. Et bien évidement, nous sommes jugés de la même manière en retour. C’est aux yeux des autres et essentiellement de leurs critères que nos comportements sont définit comme étant égoïstes ou non. Cela amène déjà une subtilité importante à prendre en compte.


Si cela va de soi que certaines attitudes sont égoïstes d’un point de vue universel, et qu’elles mettent tout le monde d’accord, la frontière du jugement individuel et collectif peut être beaucoup plus fine. Surtout lorsqu’il s’agit de juger nos propres et multiples interactions interpersonnelles du quotidien.


Ne confondons pas égoïsme, égocentrisme et individualisme.


Nous avons quelques-fois la fâcheuse tendance à tout mélanger lorsqu’il s’agit de communication et d’interprétation. Egoïsme, égocentrisme et individualisme paraissent souvent un même « mal ». Or, ils représentent chacun des intentions et comportements différents. Même s’il peuvent avoir la même source, l’ego, en d’autres termes la perception de soi et le positionnement qui en découle.


L’égoïste pense et donne uniquement à soi en dépit des autres. L’égocentrique en revient souvent à soi, s’imagine être le centre du monde et se met en avant dés qu’il en a l’occasion. L’individualiste compte plus sur soi que sur les autres.


Il s’agit donc bien du positionnement du « Soi » face aux autres.


Cela dit, plus nous sommes précis, et mieux nous pouvons nous comprendre nous ainsi que les autres. Les conflits en effet, qu’ils soient internes ou externes, naissent souvent d’un manque de compréhension, de connaissance, et donc en quelque sorte d’une forme d’ignorance.


Donc plus nous sommes éclairés et conscients, plus nous pouvons aspirer à nous sentir mieux et à avoir des interactions neutres, sans être victime de nos façons habituelles d’agir, ni de celles autres.


Un comportement égoïste, égocentrique, ou individualiste peut certes demeurer agaçant, mais le comprendre nous évitera d’être blessé par celui-ci. Car en vérité c’est souvent ce qu’il se produit. On a l’impression que l’égoïste nous prive de quelque chose en le prenant pour lui, que l’égocentrique nous vole la vedette et se mettant constamment en avant, et que l’individualiste nous nargue en avançant seul de son côté.



L’altruisme, ou le culte du sacrifice ?


L’altruiste se dévoue aux autres, et c'est tout à son honneur semblerait-il.


Pas si sur... Comment ça ?


En fait-il de même pour lui-même ? En d'autres termes, est-il altruiste avec lui-même ? N’a t’il pas plutôt tendance à s’oublier ?


Il arrive quelques-fois que certaines personnes se donnent comme « vocation » d’être au service de l’autre. Cela se retrouve aussi bien dans le domaine professionnelle, familiale, ou social. Par sens du devoir, des responsabilités, ou peut-être héritées par l’éducation familiale et amplifiées par le poids du respect envers celles-ci.


Pire, certaines personnes ont tellement peur de passer pour des égoïstes qu’elles préfèrent encore être de ceux qui se dévouent, même si c’est à sens unique, même si leur équilibre et leur hygiène de vie en paient les conséquences.


En effet, lorsque l’on est constamment tourné vers l’autre, et qu’on lui donne toute notre attention et toute notre énergie, qu’advient-il de nous ?

  • Finit-on par ne plus exister qu’au travers de ce que l’on accompli pour l’autre ?

  • Qu’advient-il si l’autre, habitué à toute cette considération ne conscientise plus ce qu’il reçoit ?

  • Qu'il manque à nos yeux de reconnaissance au vu de tous nos efforts et toutes nos attentions ?

  • Quelle valeur revêt finalement l’attention altruiste ?

  • Favorise t-elle vraiment la responsabilité et l’autonomie de l’autre ?


Et si on va creuser un peu plus loin, quelle est la vrai intention qui se cache derrière cet altruisme ?

  • Sembler une "bonne personne"?  

  • Montrer la meilleur image de nous ?

  • Se faire apprécier ?

  • Être aimé-e ?

  • ...


Vous êtes-vous déjà posé la question ? Y avez-vous répondu en toute sincérité envers vous-même ? 


S’il existe effectivement dans l’histoire de l’humanité quelques personnes remarquables ayant accompli une vie totalement dévouée aux autres, cela ne veut pas dire pour autant qu’être altruiste nécessite toujours de faire passer les autres avant notre propre bien-être. Du moins, pas au prix de notre mal-être. Autrement, l’altruisme passerait de vertu à fardeau, voir même à fléau.


L'équilibre est la clé


Il est important de trouver son juste dosage personnel entre égoïsme et altruisme pour se sentir équilibré-e et en cohérence avec ses aspirations propres. Il n’y a pas de modèle préétabli, qui puisse garantir d’être quelqu’un de bien parce qu’on est plus ou moins dévoué-e aux autres. Chacun à le droit, le choix et même le devoir de façonner son propre modèle.


En revanche, et de la même manière, il n'est pas pertinent d’imposer notre "modèle" aux autres lorsqu’on s’apprête à les juger. Cela équivaudrait à les mettre dans une case qui n'est peut-être pas la bonne, et à limiter notre perception du monde et notre compréhension des autres. Mieux vaut rester souples, et ouverts, que ce soit envers nous ou les autres. C'est la meilleure façon de se sentir bien et de rester dans un équilibre.


Quand l’égoïsme devient intelligent


Combien de personnes se sentiraient libérées si elles s’autorisaient à penser qu’elles ont aussi le droit de s’accorder du temps, de l’attention, et de l’énergie à elle-même, sans pour autant être  des personnes égoïstes ?


Par ailleurs, ne sommes-nous pas plus disposés pour les autres dés lors que l’on se sent déjà soi même suffisamment bien, ayant comblé nos propres besoins et attentes ? 


Se soucier de soi est psychologiquement sain, jusqu’à une certaine mesure, l’égoïsme pouvant être l’extreme. Inversement ne se soucier que des autres peut devenir malsain pour soi, avoir des répercussions psychologique importantes voir graves, impacter notre bien-être et celui des autres au final également. 


Tout est une question d’équilibre, et de bon sens.


L’égoïsme intelligent pour les égoïstes, serait de relativiser et d’apporter un équilibre entre ce qu’ils prennent et font pour eux et ce qu’ils donnent ou font pour les autres.


L’égoïsme intelligent pour les altruistes, serait de relativiser et apporter un équilibre entre ce qu’ils donnent ou font pour les autres, et ce qu’ils prennent et font pour eux.


L’égoïsme devient intelligent favorise l’altruisme intelligent !

Penser à soi en dépit des autres c’est être égoïste. Penser aux autres en dépit de soi c’est être altruiste. L’important dans nos choix n’est-il pas d’apporter du discernement, 

de la cohérence, et d’y trouver l’équilibre et la justesse ?


Maintenant que vous en savez plus sur l'égoïsme intelligent, vous voudrez peut-être savoir comment arrêter de procrastiner pour de bon?


Ou encore comment se libérer de ses croyances limitantes?


À bientôt!

Alessandra Barberi-Ettaro

Business Coach​ pour Entrepreneures Audacieuses

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